avril 2026
Dans quelles obscurités Dois-je figer tes rides Pour ne pas qu’ils t’effacent Ou qu’ils ne t’éblouissent Mais que les égarées À leur sobre lanterne Puissent prendre compte de tes peines Mais aussi tes victoires Même si je ne sais graver Et qu’on ne pourra y voir Y a t’il d’autres choix Aujourd’hui qu’essayer Les faisceaux frappent rarement Là où se sied le froid Peut-être qu’elles s’y croiseront Et s’aimeront, qui sait
Si tu ne me croises plus Là où l’on s’expose à la lune Pour que les larmes Ne brillent plus que pour elle: Je me terre chez un autre Implorant sa bienveillance
Toi savant juge du beau Rends le verdict de ma naïveté Révèle ta fière main tirant mes ficelles Que je crache dedans. Si toi, l’érudit possédant L’ultime secret du poids des mots, Affirme que je gémis mieux, Défais donc mon bâillon Pour observer ma glotte Ton parfait visage N’en sera que plus proche De mes dents enfin libres.
mai 2026
Et quand le ciel permet De considérer, l’insensé hasard Que cette silhouette au bout du chemin Pourrait être la tienne Et qu’avançant vers elle, assurément tremblante, Excitée par la peur L’idée de croiser Ce que l’on veux y voir; Une fois dos à la lune, j’aperçoive mon ombre; Que me retournant, je surprenne alors Son sourire bienveillant M’enlacer d’une tendresse Qui rendrait supportable La fraicheur de la nuit: Je suis prise de vertige quand je m’abandonne À imaginer, en cette astre intangible, L’hypothétique reflet De ton possible regard. Alors je baisse la tête et reprend, Pudique et confuse, La quête du chemin Loin de ces yeux brodés Et quand les miens finissent Par rencontrer cette fleur Dont j’ignore si l’odeur Pourrait être ton parfum; Que le doute m’enivre Ne pouvant savoir Si c’est moi qui te cherche Ou si tout mène à toi; Je cours à travers champs. Et quand mon corps épuisé Ne permettant la fuite Frappe le sol d’un bruit sourd Que seules les tiques entendent: Je te vois si nettement Que je crois te sentir; Refuse de te toucher Car te rendre réel Amoindrirait mes chances De te croiser ailleurs.
Le bruit de la mort Soufflant sur ma peau Ignorant la frontière Entre doutes et tendresse Douleurs et caresses. Le cœur, refusant la sieste S’applique dans le silence À saisir chaque miette Figer chaque instant. J’ai de la peine pour celle Qui est aussi moi Quand dans l’autre elle se noie Effrayée par ce cri J’aimerais lui décrire, Dans l’espoir qu’elle me croit, L’amour du corps qui lâche Quand il fond dans le vide.